Réseau européen des syndicats alternatifs et de base

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Le Réseau européen des syndicats de base et alternatifs réunis à Toulouse le 15 novembre 2014, met l’accent sur les éléments suivants de la situation européenne :

- L’attaque contre les salaires, les conditions de travail, les assurances sociales, le service public et les libertés démocratiques font partie d’un projet stratégique du capitalisme de l’UE/zone euro destiné à changer durablement et fondamentalement le rapport de force entre classe dominante d’une part, salarié-e-s et classes populaires d’autre part.
- Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un capitalisme globalisé, d’une économie en mobilisation permanente qui met en concurrence les régulations sociales, les législations, les conditions et les cadres de travail provoquant une « déprotection » et une précarisation croissantes du monde du travail.
- La question de la santé et de la sécurité au travail, les conditions générales de la qualité de vie pour les salarié-es dans les milieux populaires, acquièrent dans les luttes et les revendications une importance décisive.
- La conjoncture économique n’explique pas l’essentiel de cette stratégie des classes dominantes. Même si nous sommes aujourd’hui dans une conjoncture économique marquée par l’épuisement de la très faible et très hypothétique reprise économique initiée en 2011, ce n’est pas cette situation qui fonde l’attaque contre les conditions de vie, de salaire et de statut du salariat en Europe mais bien la mise en place d’une nouvelle régulation, d’une organisation nouvelle du système de domination.
- La direction financiarisée du capitalisme, sa mondialisation accélérée, les politiques
austéritaires dominantes, la force de direction même du capitalisme allemand sur les autres fractions des classes dominantes de l’UE, indiquent la prééminence d’une orientation vers le marché globalisé, avec à la clé une nouvelle répartition des richesses et du pouvoir totalement défavorable aux classes populaires.
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Le réseau européen soutient les positions suivantes :

- Nous sommes partisan-e-s de l’avancée dans la coordination et l’action commune de toutes les composantes du syndicalisme et du mouvement des travailleurs/euses qui se situent sur une position d’indépendance face au patronat, aux instances étatiques, aux partis et centres de pouvoir du système et animent la résistance contre le projet des classes dominantes dans l’Union Européenne.
- Nous défendons le choix d’une option stratégique qui fasse de l’UE/zone euro, à partir de son intégration historiquement atteinte aujourd’hui, notre champ de lutte pour briser la concurrence entre les divers segments, statuts et appartenances du salariat européen. Il s’agit d’ouvrir la route à un mouvement rapide d’égalisation des conditions de travail, de salaire et de statut, à un régime commun d’assurance sociale, à une construction européenne des services publics au service des majorités sociales, à une défense et à un élargissement des biens communs et des services publics.
- La question des libertés syndicales doit être posée dans un sens de radicalité démocratique et sociale. Dans la lutte contre le capitalisme globalisé et son économie de mobilisation, nous appelons toutes les forces du syndicalisme de lutte et de résistance à unir leurs efforts pour conquérir la totale liberté d’association syndicale, la totale liberté de créer des syndicats, le droits de grève intégral, les mécanismes de représentations avec des conditions égales pour tous les syndicats et toutes les délégations du personnel, le droit de représentation pour tous les syndicats dans les entreprises, la protection non pas simplement des délégué-e-s syndicaux/ales mais de tous/tes les adhérent-e-s et de tous les militant-e-s qui pratiquent l’action syndicale.
- La défense de salaire minimum au niveau national, telle que proposée par la CES, ne suffit pas. Nous défendons une véritable dynamique d’égalisation salariale partout en Europe qui brise la concurrence et l’économie de mobilisation. Il ne s’agit pas que du salaire direct mais également de l’ensemble des éléments de salaire indirect et social, de couvertures sociales, de l’offre de service public, de jouissance des biens communs. Cela comprend le droit à l’éducation et à une formation supérieure et professionnelle assurée par le service public et correspondant aux exigences et possibilités de la science et de la technique et non aux intérêts des employeurs.
Certes cette orientation peut apparaître aujourd’hui inatteignable à court terme mais elle constitue une tension, elle donne une indication stratégique qui permet de peser à partir de la mobilisation et de l’organisation sur tous les grands choix politiques en matière de fiscalité, de politiques structurelles, d’investissements publics et de modèle de développement.
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