Plan Hôpital : le gouvernement reporte l’urgence à plus tard !

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Le 14 novembre 2019, face à l’ampleur de la mobilisation à Paris et en région de l’ensemble des personnels de l’hôpital public, toutes catégories confondues, le président et le premier ministre avaient affirmé avoir “compris” et “entendu”. Ils avaient promis que des mesures à la hauteur de la crise allaient être annoncées ce mercredi 20 novembre. Mais manifestement, Agnès Buzyn ne s’applique pas à elle-même son propre principe du “Dites-le nous une fois”.

Les revendications des personnels hospitaliers sont pourtant claires : augmentations des effectifs soignants, 300 euros d’augmentation de rémunérations pour l’ensemble des salarié·e·s, arrêt des fermetures et réouverture de lits d’aval.

Ce matin les annonces faites par Edouard Philippe et Agnès Buzyn, sont encore à des années lumières de ces trois revendications du mouvement.

Rien sur la forte demande de réouverture de lits, qui elle seule permettrait de désengorger rapidement les urgences.

Rien sur l’exigence de recrutements pour faire face à une charge de travail écrasante qui épuise les personnels et dégrade la prise en charge des patient.e.s.

Rien sur l’urgence d’une revalorisation salariale claire et précise de 300€ net pour toutes et tous.

Le gouvernement a donc tout misé sur une stratégie visant à découper les colères. Il tente de cajoler les médecins en leur promettant une petite amélioration salariale en début de carrière, et un retour conjoint aux manettes. Il tente de diviser les salarié.e.s par des primes, que tout le monde ne touchera pas. La crise des hôpitaux concerne l’ensemble du territoire et tous les personnels : administratifs, techniques, ASH ! Et quid de l’ensemble du personnel des Etablissements d’Hebergements pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) ?

Il compte sur la force symbolique de l’annonce de cette reprise de 10 milliards d’euros, un tiers de la dette mais qui ne servira à l’hôpital qu’à s’endetter à nouveau pour l’investissement. Car le carcan de l’austérité budgétaire n’est pas desserré. L’annonce de l’augmentation du budget de 1,5 millards d’euros s’étale sur 3 ans ! Quant à L’ONDAM, les annonces le font porter à 2.45 pour 2020 là où il est nécessaire de le porter à 4 % pour faire face aux dépenses prévisibles.

Le 14 novembre, l’Hôpital est sorti de son lit, et il y retournera ! Alors le 30 novembre, le 5 décembre, et tant qu’il le faudra, la Fédération SUD Santé Sociaux appelle l’ensemble du mouvement social hospitalier à poursuivre et amplifier la lutte !