Solidaires 89 reçu par le préfet de l’Yonne

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Lors de la journée de grève fonction publique du 26/01/2016, une délégation de l’intersyndicale, dont faisaient partie les représentants de Solidaires 89, a été reçue à la préfecture de l’Yonne. Nous avions à cette occasion unanimement déploré l’absence du préfet qui avait délégué, une nouvelle fois, sa chef de cabinet pour enregistrer nos doléances.

Afin de « réparer » sans doute ce manquement au dialogue social, le préfet a invité chaque OS ayant appelé à la grève le 26 janvier à venir s’exprimer lors d’une audience particulière.

Solidaires 89 a ainsi répondu présent ce 10 février, afin de porter au plus haut représentant de l’Etat du département les revendications des agents de la Fonction Publique.

Dans nos propos liminaires nous avons rappelé la mobilisation importante des agents lors de la journée du 26 janvier et les raisons de leur colère : gel du point d’indice, précarisation des carrières, attaque du statut, baisse des effectifs et des moyens, réformes multiples (fusion des régions, rythmes scolaires, code du travail…), mobilité forcée, dégradation des services publics…

Le Préfet a qualifié nos déclarations de « catalogue à la Prévert » avant de débattre plus en avant des sujets de préoccupation des agents de la fonction publique de l’Yonne.

Concernent l’éventuel dégel du point d’indice, il a fait preuve de scepticisme compte tenu du coût que cela représenterait pour l’Etat (8 milliards d’euros). Il a salué la revalorisation des carrières, en particulier les carrières C, via le protocole PPCR présenté en septembre dernier dans l’Yonne par la ministre Lebranchu.

Nous avons relayé l’inquiétude des personnels quant à l’avenir des services, les réorganisations et réformes ayant un impact sur leur vie personnelle (fermetures d’école, collège, lycée par exemple), mais aussi sur l’accès des usagers aux services publics.

Le Préfet a rappelé que la démographie de l’Yonne était en baisse mais qu’elle évoluerait à nouveau vers le haut d’ici quelques années avec notamment le développement des infrastructures ferroviaires (électrification ligne Auxerre/Laroche à l’horizon 2020), les services de l’Etat ne font que s’adapter au besoin social.

Il n’hésite pas à mettre en parallèle la capacité des entreprises privées à se réorganiser constamment pour s’adapter économiquement, il estime que la fonction publique ne doit pas rester figée et faire preuve de cette même adaptabilité quand bien même, il le déplore, elle ne dispose pas des moyens du privé, en particulier en termes de formation.

Il a rappelé que les fonctionnaires avaient des droits et des obligations, et qu’ils étaient là pour suivre les évolutions, quitte à ce qu’elles engendrent une mobilité géographique et/ou fonctionnelle.

De même, la concentration des moyens humains, même moindres, sur des plus grosses structures (type plateforme) lui paraît une solution adaptée à un meilleur service rendu à la population.

L’éloignement des services publics des usagers n’est pas un problème de son point de vue, puisque la fonction publique est à l’heure de la dématérialisation : malgré des zones blanches sur notre territoire, l’essentiel des démarches (particuliers, professionnels, collectivités) se font selon lui par internet car nos administrations ont su évoluer et devront évoluer encore en ce sens. Pour les usagers en recherche d’aide dans leurs démarches, le Préfet a annoncé la mise en place de 5 maisons de services au public cette année (la première a été inaugurée à Noyers fin janvier). Elles proposeront au sein d’une antenne de la Poste, outre des services postaux et bancaires, des aides aux démarches des usagers de la CAF, la MSA, la CARSAT, Pôle Emploi, et des permanences de certaines administrations comme les finances publiques.

La difficulté de pourvoir certains postes de la fonction publique d’Etat dans l’Yonne comme à l’Éducation Nationale n’est pas liée, selon le préfet, aux conditions de travail ou à la rémunération, mais aux modalités d’affectation des agents.

Le problème se pose moins pour les services de l’Etat bénéficiant d’une augmentation d’effectifs (intérieur, défense, renseignement…) car il s’agit d’une priorité dans le cadre de l’état d’urgence.

Concernant les chantiers à venir, le Préfet a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération intercommunale.

Cela aura un impact certain sur les agents des collectivités territoriales en matière d’emploi et de conditions de travail, mais cela pérennisera aussi de fait le rôle des services de la préfecture du département, qui reste un échelon indispensable de l’organisation administrative du territoire.

Nous joignons en annexe au compte rendu, notre déclaration liminaire lue et laissée au Préfet.

–> Déclaration liminaire – 02-2016